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Louis VALTAT et les Nabi

17 mars 2020



Louis Valtat né Louis André Valtat à Dieppe le 8 août 1869 et mort à Paris le 2 janvier 1952 est un peintre et graveur français.

 

                  Renoir of Louis Valtat c1904  1  

Louis Valtat est né dans la maison paternelle, au 41, rue d'Écosse à Dieppe, fils de François Victor Valtat, armateur et peintre amateur et de son épouse, Marguerite Valtat, née Barluet, originaire de Bernay (Eure), où la famille s'installera en 1874, rue des Champs-de-la-Couture.

En 1880, les parents de Louis Valtat s'installent rue Montebello à Versailles. Il fait ses études au lycée Hoche à Versailles. Son père participe en 1884 au premier Salon des indépendants où il expose un paysage. En 1886, Louis Valtat entre à l'École des beaux-arts de Paris dans les ateliers de Jules Lefebvre (1834-1911). De 1886 à 1888, il complète sa formation à l'Académie Julian sous la direction de Gustave Boulanger (1824-1888), puis de son successeur Benjamin-Constant (1845-1902), et se lie d'amitié avec Albert André1 et Pierre Bonnard. Il fait la connaissance d'Édouard Vuillard et du groupe des nabis qui eurent également une influence sur son travail, au départ orienté vers le pointillisme. Il débute au Salon des indépendants en 1889. Lauréat en 1890 du prix Jauvin d'Attainville, il installe son premier atelier rue de la Glacière à Paris, et les tableaux de son envoi au Salon des indépendants de 1893, comme Sur le boulevard, ont pour motif l'animation des rues environnantes.

Atteint de tuberculose, il part pour des séjours sanitaires à Banyuls, Collioure où George-Daniel de Monfreid lui présente Aristide Maillol. Il fait plusieurs excursions en Espagne, à Llançà ou à Figueras avec George-Daniel de Monfreid.

En 1895, poursuivant sa convalescence à Arcachon, Louis Valtat réalise de nombreuses peintures aux tons très vifs qui, exposées au Salon des indépendants de 1896, sont remarquées par Félix Fénéon qui en fait mention dans La Revue blanche. Ces peintures annoncent le fauvisme qui fera scandale dix ans plus tard au Salon d'automne de 1905. En 1896, il fait un séjour à Arcachon.

En 1897, il réalise des dessins et des gravures sur bois pour illustrer la revue L'Omnibus de Corinthe

À l'exposition de groupe organisée par Paul Signac à la galerie Durand-Ruel, en mars 1899, il figure avec vingt peintures dont quinze sont regroupées sous le titre Notations d'Agay, 1899.

En effet, depuis l'hiver 1897-1898, c'est à Agay, petit hameau de pêcheurs proche de Saint-Raphaël, puis à Anthéor distant de quelques kilomètres, que Louis Valtat réside de l'automne au printemps, avec sa femme Suzanne. Il y peint sur la plage où Auguste Renoir est admiratif de sa vigueur picturale[réf. nécessaire]. Il l'invite à lui rendre visite à Cagnes-sur-Mer, où Valtat fera la connaissance de Georges d'Espagnat. En 1899, il fait l'acquisition de terrains qu'il achète à Ferrouillat, Polaire et Eugène Brieux, où il fait bâtir une maison qu'il nommera « Roucas Rou ». Il y habitera une grande partie de l'année jusqu'en 1914.

Le 1er mars 1900, il épouse Suzanne Charlotte Noël. La même année, sur l’amical conseil de Renoir, Ambroise Vollard passe un accord avec Valtat dont il acquiert pratiquement la totalité de la production durant douze ans, mais n'améliore que peu la cote du peintre. Renoir invite le couple Valtat et l'encourage à s'essayer à la sculpture. Ils font ensemble des séjours à Magagnosc.

Pendant leurs séjours à Anthéor, les Valtat traversent souvent l'Esterel, parfois à bicyclette, pour aller voir Renoir qui à cette époque loue la « Maison de la Poste » à Cagnes. À l'occasion d'une de ces visites en 1903, Renoir peint le Portrait de Suzanne Valtat, pendant que Louis Valtat réalise à l'encre quelques portraits de Renoir, dessins qui lui serviront pour graver un bois. La distance séparant Anthéor de Saint-Tropez étant d’environ 40 kilomètres, des visites à Paul Signac se font facilement dans la journée à bord de la Bollée, voiturette à pétrole que Valtat tient de Signac en échange de sa peinture Le Cap Roux. Il fait une incursion en Italie en 1902.

Son éloignement de Paris ne l'empêche pas d'être présent à Bruxelles en 1900 à l'exposition de La Libre Esthétique avec Le Jardin du Luxembourg et Le Boulevard Saint-Michel, tout comme il l'est plus tard à Vienne en 1903 au palais de la Sécession, à Dresde en 1906 à la galerie Arnold (de), et à Berlin à la Berliner Secession, ainsi qu'à Budapest, à Prague, et à Moscou en 1908 à la galerie Tretiakov.

Le collectionneur russe Ivan Morossov achète à Vollard plusieurs peintures de Valtat. Vollard détenant pratiquement l'intégralité de la production de Valtat, c'est généralement le marchand qui se charge d'adresser ces peintures dans les principales expositions d'avant-garde. Ambroise Vollard fait également les envois des peintures pour les expositions qui se tiennent à Paris. Ainsi Louis Valtat participe à l'exposition des fauves au Salon d'automne de 1905, une de ses peintures est reproduite dans le journal L'Illustration à côté de celles d'Henri Manguin, Henri Matisse, André Derain et Jean Puy.

Au printemps et en été, pour retrouver le bord de mer et surtout pouvoir y peindre, Louis Valtat se rend volontiers en Normandie, à Port-en-Bessin, à Arromanches et plus tard à Ouistreham. En 1903, il installe un nouvel atelier parisien, le deuxième, rue Girardon, sur la Butte Montmartre. En février, il fait un séjour chez Signac à Saint-Tropez et expose au premier Salon d'automne. Le 8 décembre, il est pour quelques jours chez Auguste Renoir2. Au début de l'année 1904, il séjourne à nouveau chez Signac, à Saint-Tropez. Il voyage en Algérie en 1906 et s'installera place Constantin-Pecqueur en 1907, dans son troisième atelier parisien. La même année, à la demande de Vollard, il réalise à Asnières-sur-Seine des pièces de céramique à l'atelier d'André Metthey, qu'il exposera pour une partie au Salon d'Automne de 1907. Il effectue des séjours en Normandie à Port-en-Bessin et Arromanches pendant l'été. Son épouse donne naissance à leur fils Jean à Versailles en 1908. Il retourne peindre sur les plages normandes à Arromanches et Port-en-Bessin à l'été de 1909.

Il entretient des relations amicales à Anthéor avec Paul Valéry et Maurice Donnet en 1913.

En 1914, il déménage pour s'installer au 32, avenue de Wagram à Paris, à proximité de l'Arc de triomphe et du bois de Boulogne dont les lacs sont un sujet récurrent dans l'œuvre de Valtat. À l'été, il se rend aux Andelys, quittant définitivement le Midi, où il installe son quatrième et dernier atelier. Il fait quelques séjours à Asnelles, Ver-sur-Mer où il sculptera un Saint-Martin qui ornera le portail de l'église en 1918.

En 1922, il séjourne à Vieux-Moulin, en forêt de Compiègne, et fait un séjour à Boulogne-sur-Mer en 1923. Après avoir mis un terme aux séjours à Anthéor en 1914 et passé dix ans sans les plaisirs d'un jardin, Louis Valtat fait l'acquisition, en 1924, d'une propriété à Choisel, petit village de la vallée de Chevreuse, à quelques kilomètres de l'abbaye des Vaux-de-Cernay où il séjourne une grande partie de l'année, passant l'été en Bretagne.

Son jardin, comme les fleurs et les fruits qu'il y cultive, sont alors les motifs de prédilection de ses peintures. À Choisel, Valtat aime recevoir ses amis, Georges d'Espagnat ou Maximilien Luce, qui profitera d'une de ses visites pour réaliser une peinture de l'église du village. En 1925, il fait un séjour aux Sables-d'Olonne et pousse jusqu'à La Rochelle. Il visite la même année le Cirque de Gavarnie dans les Pyrénées et retourne à Banyuls.

À présent la reconnaissance officielle lui est acquise : il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 19273. De 1929 à 1931, il passe les étés à Ouistreham en compagnie de son épouse et de son fils Jean qui est maintenant docteur en stomatologie et qui fera la connaissance de Marie Lucie Nessi4. Louis Valtat conseillera sa belle-fille sur son travail artistique qu'il appréciait[réf. nécessaire].

En 1939, il se rend au lac du Bourget et apprend à devenir grand-père avec la naissance de sa première petite-fille, Caroline, en 1940. Il sera par deux fois encore grand-père de 1942 à 1944.

Après l'exode de 1940 et les années d'Occupation, Louis Valtat, atteint d'un glaucome, ne quitte plus guère son atelier acquit en 1914 au 32, avenue de Wagram où il réalise ses dernières peintures qui datent de 1948.

Il meurt le 2 janvier 1952 au 15, rue Henri-Rochefort à Paris.

 

Si la notion de modernité a émergé pour désigner les changements de la révolution technique et industrielle du XIXe siècle, elle a infiltré l’art et les institutions de manière spectaculaire, jusqu’à devenir un mode de pensée, de vie et de création fondamentalement nouveau. Les artistes se sont attachés, pour la première fois, à observer le quotidien et à se délecter de son remue-ménage permanent pour y puiser de nouveaux sujets. La beauté était subitement partout, dans la Révolution industrielle comme dans la rue... et n’était plus l’apanage de l’Antique.

 

Paul Signac, La Seine à Paris, la passerelle des Arts et Notre-Dame, plume et lavis d'encre brune sur papier, image © Rossini

Paul Signac, La Seine à Paris, la passerelle des Arts et Notre-Dame, plume et lavis d'encre brune sur papier, image © Rossini

Bien que certains le considèrent comme un représentant du courant impressionniste, Paul Signac a davantage revendiqué sa paternité au post-impressionnisme, contribuant au développement du pointillisme aux côtés de Georges Seurat. Passionné de voile, il a consacré la majorité de son œuvre à la représentation des ports français et de leur atmosphère unique. En 1892, il a entrepris son tout premier voyage sur les flots, faisant naviguer un petit bateau dans la plupart des ports de France avant de poser ses valises à St. Tropez, où il a entraîné bon nombre de ses contemporains. L’artiste sera représenté à deux reprises lors de la vente, avec un dessin à la plume de la Seine à Paris et une aquarelle représentant le port de Saint-Malo.

 

Louis Valtat, Devant la baie d'Agay, circa 1907, huile sur toile (petite restauration), image © Rossini

Louis Valtat, Devant la baie d'Agay, circa 1907, huile sur toile (petite restauration), image © Rossini

La particularité de Louis Valtat, c’est son indépendance par rapport aux groupes artistiques qui ont forgé son époque. Même s’il est assimilé au post-impressionnisme dans les années 1890 puis au fauvisme vers 1905, il a toujours suivi son propre chemin, faisant évoluer son style au gré de ses envies et de sa sensibilité.

 

Louis Valtat, Les couturières, circa 1918, huile sur toile, image © Rossini

Louis Valtat, Les couturières, circa 1918, huile sur toile, image © Rossini

Valtat s’est essayé à tous les motifs, des danseuses de cabaret de ses débuts parisiens aux paysages du Midi, en passant par les couturières des ateliers de sa rue à son propre jardin. Comme l’a déclaré Raphaël Maket, l’expert de la maison de ventes, Louis Valtat n’a pas suivi de mode, c’était un « artiste libre à l’appétit insatiable, dont le seul besoin était de peindre encore et toujours plus. »

 

Édouard Vuillard, La Table d'hôte, Bagnoles-de-l'Orne, 1924, pastel sur papier, image © Rossini

Édouard Vuillard, La Table d'hôte, Bagnoles-de-l'Orne, 1924, pastel sur papier, image © Rossini

Fondateur du mouvement Nabi, Édouard Vuillard grandit dans un milieu modeste. Il se découvre un intérêt prononcé pour les natures mortes et les scènes d’intérieur lors de ses études à l’École des Beaux-Arts, sous la tutelle de Jean-Léon Gérôme. Porté par cette notion de « modernité », Vuillard trouve ses sujets dans le quotidien et ira même jusqu’à questionner sa propre perception de la peinture en s’essayant à la méthode synthétiste (qui repose sur la mémoire plus que sur l’observation directe) dans les années 1890. Ses scènes d’intérieur, comme La Table d'hôte, Bagnoles-de-l’Orne, retranscrivent avec justesse la douce atmosphère de la vie quotidienne et l'ont qualifié d’artiste « intimiste ».

500px Serusier   the talisman       500px MauriceDenis LeMystereCatholique       Ker Xavier Roussel   Ve nus et l Amour au bord de la mer 

 

Nabi est le nom que se sont donné les jeunes peintres qui se regroupent autour de Paul Sérusier, vers 1888. Le terme nabi, en arabe, ou nebiim, en hébreu, signifie dans un sens actif « orateur » ou « annonciateur », ou, dans un sens passif, « celui qui est ravi dans une extase » ou « appelé par l'esprit ». En Occident, nabi a été traduit par « prophète », « illuminé », ou encore « celui qui reçoit les paroles de l'au-delà », « l'inspiré de Dieu ».

Ce cercle nait d'une controverse autour d'une peinture de Paul Sérusier, Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour, réalisée sous la direction de Paul Gauguin, rencontré en Bretagne à Pont-Aven, durant l'été 1888. Gauguin encourage Sérusier à se débarrasser de la contrainte imitative de la peinture, à user de couleurs pures et vives, à ne pas hésiter à exagérer ses visions, et à donner à ses peintures sa propre logique décorative et symbolique.

Lorsque Sérusier revient à Paris, son tableau fait naître des débats enflammés avec les autres étudiants de l'Académie Julian et de l'École des Beaux-Arts, sur le rôle sacré de l'art et de la peinture. Sérusier forme le groupe des nabis, avec ses proches amis, Pierre Bonnard, René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson. En 1891, le Hollandais Jan Verkade, en 1892, le Suisse Félix Vallotton, puis Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que le sculpteur Aristide Maillol3, les rejoignent.


Ker-Xavier Roussel,
Vénus et l'Amour au bord de la mer (1908), huile sur toile, musée d'Orsay.
Ils se donnent tous un surnom, signe de leur initiation4 et paraphent les lettres qu'ils échangent du sigle ETPMVMP (« En ta paume mon verbe et ma pensée ») :

Le mouvement ne dure que quelques années. Les nabis, vers 1900, prennent des voies différentes. Il faut toutefois préciser que l'appellation "nabi" n'aura jamais été publique ni revendiquée lors des expositions de ces artistes à l'époque. Son usage courant dans l'historiographie ne date que des années d'après la Seconde Guerre mondiale et ne connaît une plus grande diffusion qu'à partir des années 1980. En effet, au XIXe siècle, le terme est utilisé entre eux par les peintres, non sans une certaine distance, voire avec humour, et il ne recouvre pas non plus une spiritualité réelle ou commune, ni une véritable société rituelle. Ainsi le Portrait de Paul Ranson en tenue nabique par Sérusier (Paris, musée d'Orsay), est-il purement fantaisiste.